Entrepreneuriat père-fils : une affaire qui roule chez Starlett

Se lancer seul dans la création d’entreprise peut faire peur. Mais si s’associer à quelqu’un de son entourage peut avoir un côté rassurant, cela peut aussi ternir la relation. Jean-Baptiste Godard et son père Mathieu semblent cependant avoir trouvé un juste équilibre.

Jean-Baptiste Godard a 23 ans et vient de terminer ses études en école de commerce. Son père, Mathieu Godard, en a 50 et cherchait un nouveau projet après avoir créé plusieurs affaires dans le conseil et le digital. Ensemble, ils ont lancé à La Garenne-Colombes (92) en avril 2021 un service de location de scooters électriques sur le lieu de vacances, à destination des hôtels et maisons d’hôte : Starlett. Une association à la fois professionnelle et personnelle qui suit certaines règles pour fonctionner sans accroc.

#1. CHACUN SON RÔLE

La première, c’est de répartir les rôles entre chacun et de s’y tenir. « Cela s’est fait naturellement en fonction des compétences et appétences de chacun », explique Jean-Baptiste Godard. De par son expérience d’entrepreneur, Mathieu Godard s’occupe logiquement des aspects administratifs, juridiques ainsi que de la logistique de l’entreprise. Son fils, quant à lui, gère le marketing et le commercial.

"Cela s’est fait naturellement en fonction des compétences et appétences de chacun"

Sur le papier, Jean-Baptiste est le président et son père détient des parts. C’est lui qui a notamment investi pour acheter une flotte de scooters, créer un site internet et lancer l’affaire. « Nous sommes cofondateurs, insiste Jean-Baptiste Godard. Nous ne nous marchons pas dessus et respectons le rôle de l’autre. Chacun a ses tâches de son côté et fait confiance à l’autre. C’est essentiel pour avancer. »

#2. UNE COMMUNICATION SANS FAILLE

Si l’association père-fils fonctionne, c’est aussi parce que les fondateurs de Starlett entretiennent depuis toujours une excellente relation. « Nous partageons beaucoup de choses en commun et sommes motivés par les mêmes idées, confie le fils Godard. Pendant le confinement, j’ai beaucoup échangé avec mon père et lorsque je lui ai parlé de mon envie d’entreprendre dans l’univers du slow travel, il a tout de suite été séduit par mon dynamisme et a souhaité m’épauler. Ensemble, nous avons peaufiné le projet, nous disant l’un à l’autre ce qui n’allait pas, ce qui manquait, ce qui pouvait être amélioré… Pour finalement aboutir à Starlett. » Une bonne entente que le père et le fils maintiennent dans leur relation au quotidien dans leur affaire. « Nous avons forcément quelques désaccords, c’est inévitable, reconnaît Jean-Baptiste. Mais pour l’instant, il n’y a pas eu de grosse dispute. D’abord, parce que nous sommes de nature plutôt calme et posée, c’est dans notre tempérament. Et puis, parce que nous nous faisons beaucoup de feedbacks : à la fin de la journée, nous racontons à l’autre notre journée et nous débriefons. Inutile de nous appeler toutes les 10 minutes pour tout se dire, ce serait trop. En revanche, c’est important de partager les choses. »

"Nous partageons beaucoup de choses en commun et sommes motivés par les mêmes idées"

#3. GAGNER LE SOUTIEN DE TOUTE LA FAMILLE

En plein lancement de leur projet, Jean-Baptiste et son père Mathieu ont forcément Starlett en tête du matin au soir. « Difficile de ne pas en parler tout le temps », avoue le fils. Résultat à table, pendant les réunions de famille, le sujet revient régulièrement dans la conversation. Mais cela n’est pas forcément un problème, les autres membres de la famille partageant le même enthousiasme. « Ma mère et ma grande soeur nous soutiennent totalement. Elles nous aident même beaucoup en nous donnant des idées. Surtout, elles comprennent que c’est important pour nous d’en parler beaucoup, donc ce n’est pas problématique pour elles, assure Mathieu Godard. Et pour nous, c’est très agréable de savoir que nous avons cet environnement propice où nous pouvons parler de notre projet et de nos idées sans filet. »